
Hogan Lovells 2024 Election Impact and Congressional Outlook Report
Le bureau Parisien de Hogan Lovells a le plaisir de vous adresser sa lettre d'information mensuelle qui vous présente les Actualités législatives et réglementaires du mois de mai 2025. Ces Actualités législatives et réglementaires vous sont communiquées à titre d'information. Elles n'ont pas vocation à être exhaustives ou à constituer un avis juridique.
A la une en mai : Retrouvez les commentaires de nos équipes sur la loi DDADUE Retrouvez toutes les actualités par thème : Assurances ; Audiovisuel ; Commercial ; Données personnelles ; Droit public économique ; Finance ; Marchés de capitaux ; Propriété intellectuelle ; Sciences de la vie
La Loi n° 2025-391 du 30 avril 2025 portant diverses dispositions d'adaptation au droit de l'Union européenne en matière économique, financière, environnementale, énergétique, de transport, de santé et de circulation des personnes (« Loi DDADUE ») a été publié au Journal Officiel le 2 mai 2025.
Cette loi modifie plusieurs dispositions du Code des assurances :
La Loi DDADUE supprime également le second alinéa de l’article 15 de l’ordonnance 2023-1138 du 6 décembre 2023 portant transposition de la directive 2021/2118 du 24 novembre 2021 modifiant la directive 2009/103/CE concernant l'assurance de la responsabilité civile résultant de la circulation de véhicules automoteurs et le contrôle de l'obligation d'assurer cette responsabilité.
Source : Publication au JO le 2 mai 2025 de la loi DDADUE 5
Le Comité Consultatif du Secteur Financier (« CCSF ») a publié le 6 mai 2025 un rapport de la Présidente destiné à favoriser la compréhension et l’acceptabilité par les clientèles des institutions financières des obligations de vigilance applicables en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (« LCB-FT »).
Le rapport s’appuie sur un constat dressé par le CCSF, relevant l’insatisfaction d’une partie de la clientèle à cause de sollicitations jugées comme trop fréquentes, d’exigences variables et de communications parfois insuffisantes.
Le rapport identifie plusieurs propositions qui peuvent être mises en œuvre pour améliorer la compréhension et l’acceptabilité par la clientèle des obligations de vigilance :
Le CCSF rappelle également que les exigences en matière de LCB-FT vont être renforcées avec l’adoption du nouveau paquet européen anti-blanchiment, instaurant l’autorité européenne de lutte contre le blanchiment d’argent (« AMLA ») et dont les principaux textes doivent entrer en application en 2027.
L’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (« ACPR ») et le service de renseignement Tracfin ont publié le 23 avril 2025 une version actualisée de leurs lignes directrices conjointes relatives aux obligations de vigilance sur les opérations et aux obligations de déclaration et d’information à Tracfin.
Cette version actualisée tient compte (i) de la jurisprudence récente de la Commission des sanctions de l’ACPR et du Conseil d’Etat, (ii) des dernières évolutions législatives et réglementaires, notamment l’arrêté du 6 janvier 2021 relatif au dispositif et au contrôle interne en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (« LCB-FT ») et de gel des avoirs et d’interdiction de mise à disposition ou d’utilisation des fonds ou ressources économiques et des apports de la 5è directive anti-blanchiment, (iii) des analyses et constats de l’ACPR concernant les pratiques des professionnels, et de (iv) l’actualité récente en matière de financement du terrorisme.
Ces lignes directrices intègrent notamment le champ des Prestataires de Services sur Actifs Numériques (« PSAN ») et apportent également des précisions sur le recours à l’intelligence artificielle dans la surveillances des opérations.
L’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (« ACPR ») a publié le 16 avril 2025, l’Instruction n° 2025-I-01 applicable aux organismes assujettis au contrôle de l’ACPR ne relevant pas du régime dit « Solvabilité II » et qui ne sont pas Organismes de Retraite Professionnelle Supplémentaire (« ORPS »), l’Instruction n°2025-I-02 applicable aux organismes assujettis au contrôle de l’ACPR relevant du régime dit « Solvabilité II », et l’Instruction n° 2025-I-03 applicable aux organismes de retraite professionnelle supplémentaire. Ces nouvelles instructions actualisent la liste des documents prudentiels que les organismes précités doivent communiquer. Elles remplacent respectivement :
Source : Publication de l’Instruction n° 2025-I-01 du 16 avril 2025 pour les organismes assujettis au contrôle de l’ACPR ne relevant pas du régime dit « Solvabilité II » et qui ne sont pas ORPS [...] ; Publication de l’Instruction n° 2025-I-02 du 16 avril 2025 pour les organismes assujettis au contrôle de l’ACPR relevant du régime dit « Solvabilité II » et Publication de l’instruction n° 2025-I-03 du 16 avril 2025 pour les organismes de retraite professionnelle supplémentaire
L’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (« ACPR ») a rappelé dans une publication du 11 avril 2025 les règles en matière de remise des registres d’information recensant l’ensemble des fournisseurs de services informatiques prévu à l’article 28(3) du règlement 2022/2554 sur la résilience opérationnelle numérique du secteur financier (« Règlement DORA »).
Elle renvoie notamment à deux documents de référence (disponible dans l’Actualités Législatives et Réglementaires du mois de mars 2025):
L’ACPR a également rappelé que la date limite de remise des registres d’information à l’ACPR était fixée au 15 avril 2025.
La Commission européenne a publié le 15 mai 2025 un rectificatif au règlement délégué 2024/1774 complétant le règlement 2022/2554 sur la résilience opérationnelle numérique du secteur financier (« Règlement DORA ») en matière de normes techniques de réglementations, précisant les outils, méthodes, processus et politiques de gestion du risque lié aux Technologies de l’Information et de la Communication (« TIC »), ainsi que son cadre simplifié de gestion du risque.
Ce rectificatif modifie le point d) du 1er l’alinéa de l’article 22 concernant la politique de gestion des incidents liés aux TIC, notamment en remplaçant le renvoi à l’article 15 par un renvoi à l’article 8, paragraphe 2 du règlement délégué 2024/1772.
Source : Publication d’un rectificatif aux normes techniques complétant le règlement DORA
Les Autorités Européennes de Surveillance (ESMA, EBA et EIOPA) (« AES ») ont mis à jour le 5 mai 2025 leur FAQ concernant l’application du règlement 1286/2014 du Parlement européen et du Conseil sur les documents d'informations clés relatifs aux produits d'investissement packagés de détail et fondés sur l'assurance (« PRIIPs »), et plus spécifiquement sur la rédaction et l'utilisation du document d’informations clés (« DIC »).
Cette mise à jour concerne notamment les parties suivantes :
Source : ESAs – Mise à jour de sa FAQ concernant les documents d’informations clés (Key Information Document)
L’Autorité Européenne des Assurances et des Pensions Professionnelles (« EIOPA ») a publié le 29 avril 2025, une série de six consultations sur la Directive (UE) 2025/1, établissant un cadre pour le redressement et la résolution des entreprises d’assurances, et de réassurances (« Directive IRRD »).
La Directive IRRD dont l’entrée en vigueur est prévue pour 2027, établit un cadre harmonisé de redressement et de résolution pour les (ré)assureurs en Europe, visant à limiter la survenance et les conséquences d’une défaillance de ces acteurs.
Ces consultations proposent des projets de lignes directrices et de normes techniques qui constitueront les modalités pratiques de mise en œuvre de la Directive IRRD.
Les thématiques abordées par l’EIOPA dans ces consultations incluent notamment :
stionnaires en ligne, qui seront accessibles jusqu’au 31 juillet 2025.
Source : L’EIOPA lance une série de six consultations sur la directive IRRD
Authored by Ghina Farah and Maxime Kaya.
Le 8 mai 2025, le CNC a publié de nouvelles lignes directrices relatives aux engagements de programmation. Issues d’un travail de concertation avec les organisations professionnelles concernées, ces lignes ont vocation à guider l’instruction des propositions d’engagements soumises pour homologation, dans le cadre fixé par le Code du cinéma et de l’image animée.
Créé par la loi du 29 juillet 1982, le dispositif des engagements de programmation vise à garantir la diversité de l’offre cinématographique, la promotion des œuvres européennes et peu diffusées, ainsi que le pluralisme de la distribution et de l’exploitation. Les nouvelles lignes directrices remplacent celles publiées en 2022 et prennent en compte l’évolution du marché, les enseignements tirés de la crise sanitaire et les recommandations du rapport Lasserre sur la régulation du secteur.
Ce nouveau cadre introduit des plafonds de multidiffusion par typologie d’établissement, renforce les obligations en matière de diversité des œuvres et de soutien aux distributeurs indépendants, et encadre la promotion gratuite des films. Il veille également à maintenir un équilibre entre règles communes et prise en compte des spécificités locales. Ces engagements, homologués pour une durée de deux ans, s’inscrivent dans une démarche de modernisation de la régulations.
Authored by Iris Accary and Léonie Barrats.
Le 27 mai 2025, la DGCCRF a actualisé ses lignes directrices sur l’encadrement des promotions, à la suite de la loi n°2025-337 du 14 avril 2025. Depuis la loi n°2020-1525 du 7 décembre 2020 dite « ASAP », un double encadrement en valeur et en volume des avantages promotionnels, immédiats ou différés, est prévu pour les produits alimentaires et ceux destinés à l’alimentation animale vendus par tous professionnels proposant à la vente des produits alimentaires, à d’autres professionnels ou à des consommateurs.
Étendu depuis 2024 à l’ensemble des produits de grande consommation (« PGC »), cet encadrement a été prolongé jusqu’en avril 2028. Il distingue les plafonds promotionnels en valeur applicables aux produits alimentaires (34% du prix de vente au consommateur ou à une augmentation de la quantité vendue équivalente) et non-alimentaires (40% du prix de vente au consommateur ou à une augmentation de la quantité vendue équivalente), tous circuits de distribution confondus.
La DGCCRF souligne que l’encadrement en valeur n’a vocation à s’appliquer qu’aux offres avec annonce d’une réduction de prix chiffrée, offres assorties d’une augmentation de quantité offerte, et avantages de fidélisation de cagnottage affectés à un produit ou avantages différés. En outre, la limitation du taux des avantages promotionnels s’applique au moment où ceux-ci sont accordés au client.
Quant à l’encadrement des promotions en volume, il implique que les avantages accordés portent sur une quantité de produits ne dépassant pas 25% du volume prévisionnel prévu par un contrat portant sur la conception et la production de produits alimentaires selon des modalités répondant aux besoins particuliers de l'acheteur ou du chiffre d’affaires déterminé à l’avance par les professionnels parties dans leur convention unique. Le chiffre d’affaires prévisionnel, et non le chiffre d’affaires effectivement réalisé, constituera l’assiette de la vérification. Une dérogation est néanmoins prévue pour des produits saisonniers.
La DGCCRF rappelle par ailleurs que l’ensemble des professionnels proposant à la vente des produits alimentaires ont pour interdiction d’utiliser le terme « gratuit » dans la promotion de ces produits mais peuvent utiliser des termes synonymes ou dérivés tels que « offert ».
Enfin s’agissant des contrôles, la DGCCRF pourra tenir compte, au cas par cas, de la situation économique particulière des fournisseurs concernés au regard de l’impact de l’encadrement en volume des avantages promotionnels.
Authored by Maimouna Goudiaby and Camille Raymond.
Le 21 mai 2025, le Sénat a adopté la proposition de loi renforçant la lutte contre les fraudes aux aides publiques, intégrant les dispositions relatives au démarchage téléphonique des consommateurs. Cette loi fait actuellement l’objet d’une saisine du Conseil constitutionnel, mais la saisine n’affecte pas les articles relatifs au démarchage téléphonique.
Le texte prévoit un changement majeur de régime : l’ancien régime d’opposition au démarchage téléphonique (interdiction de démarcher les consommateurs inscrits sur la liste Bloctel) est remplacé par le régime de consentement préalable, dans lequel toute prospection commerciale par voie téléphonique ne pourra être effectuée qu’à la condition que le consommateur y ait expressément consenti.
Une exception (déjà existante pour Bloctel) est maintenue pour les cas où la sollicitation intervient dans le cadre de l’exécution d’un contrat en cours et est en lien direct avec l’objet du contrat. Cela inclut les propositions de produits ou de services afférents ou complémentaires.
Une spécificité est prévue dans le secteur du bâtiment, interdisant le démarchage, par d’autres voies (SMS, mail, réseaux sociaux), relatif aux offres de prestations de services, de vente d’équipements ou de réalisation de travaux pour des logements en vue de la réalisation d’économies d’énergie, de la production d’énergie renouvelable ou de leur adaptation au vieillissement ou au handicap, sauf si la sollicitation intervient dans le cadre de l’exécution d’un contrat en cours.
A noter que, de la même manière que sous l’ancien régime de l’opposition, ces dispositions ne s’appliqueront pas à la prospection en vue de la fourniture de journaux, de périodiques ou de magazines.
L’entrée en vigueur de ces dispositions est prévue pour le 11 août 2026, mais pourrait être retardé du fait de la saisine du Conseil constitutionnel en cours.
Authored by Olga Kurochkina, Augustin Lacroix and Elektra Argyris.
La loi n° 2025-391 du 30 avril 2025 portant diverses dispositions d'adaptation au droit de l'Union européenne en matière économique, financière, environnementale, énergétique, de transport, de santé et de circulation des personnes (dite « loi DDADUE »), publiée au JORF du 2 mai 2025, a supprimé la disposition de l'article L. 2172-3 du Code de la commande publiquequi qualifiait par principe d'innovants les travaux, fournitures ou services proposés par les jeunes entreprises innovantes. Depuis le 31 décembre 2023, cette qualification facilitait à ces dernières l’accès à la commande publique, en leur permettant notamment de candidater à des partenariats d’innovation ayant pour objet la recherche et le développement de produits, services ou travaux innovants, au sens de l’article L. 2172-3 du Code de la commande publique
Le décret n° 2025-400 du 3 mai 2025 modifiant le décret n° 2020-1825 du 30 décembre 2020 relatif au conseil d'orientation des infrastructureset l’arrêté du 3 mai 2025 portant nomination au conseil d’orientation des infrastructures, publiés au JORF du 4 mai 2025, modifient la composition de ce conseil. Le conseil comprend désormais treize membres, dont deux nouvelles personnalités supplémentaires nommées en raison de leurs compétences en matière de transport et de mobilité, d'évaluation économique, d'aménagement du territoire, d'environnement et de financement public. Pour rappel, le conseil d'orientation des infrastructures a été créé par la loi n°2019-1428 du 24 décembre 2019 d'orientation des mobilités. Il s’agit d’une instance collégiale consultative placée auprès du ministre chargé des transports qui réunit des responsables politiques et des experts pour conseiller le gouvernement sur la programmation des investissements en matière de mobilité, d’accessibilité des territoires ou encore de transition énergétique.
Le décret n° 2025-461 du 26 mai 2025 prorogeant le délai de validité des autorisations d'urbanisme délivrées entre le 1er janvier 2021 et le 28 mai 2024, publié au JORF du 27 mai 2025, vise à répondre aux difficultés rencontrées dans les secteurs du logement et de la construction en prorogeant la durée de validité des autorisations d’urbanisme récemment délivrées. D’une part, l’article 1er du décret porte à cinq ans − au lieu des trois ans de validité fixés par les articles R. 424-17et R. 424-18 du Code de l’urbanisme − la durée de validité des permis de construire, d’aménager ou de démolir et les décisions de non-opposition à déclaration préalable intervenus entre le 28 mai 2022 et le 28 mai 2024. Cette prorogation n’est cependant pas cumulable avec une demande de prorogation classique au sens des articlesR. 424-21 à R. 424-23 du Code de l’urbanisme. D’autre part, l’article 2 du décret proroge d’un an le délai de validité des mêmes autorisations délivrées entre le 1er janvier 2021 et le 27 mai 2022.
Le Conseil d’Etat a publié, le 13 mai 2025,son rapport public 2024 retraçant l’activité juridictionnelle et consultative des juridictions administratives au cours de l’année 2024. Structuré en quatre parties, ce rapport dresse le bilan de cette activité, présente les études, événements, partenariats, actions de coopération européenne et internationale organisés par les juridictions administratives et rend compte des projets de réforme et de modernisation du service public de la justice administrative. Le rapport souligne une hausse continue de l’activité contentieuse et du recours à la médiation, tout en signalant un allongement des délais prévisibles de jugement devant les juridictions du fond, contrastant avec une légère amélioration devant le Conseil d’État. Par ailleurs, l’activité consultative du Conseil d’État a été particulièrement soutenue, en raison des nombreux changements politiques survenus en 2024, auxquels s’ajoutent les avis rendus au gouvernement et quatre études de simplification réalisées à la demande du Premier ministre. Ce rapport propose enfin une analyse d’un ensemble de décisions, d’arrêts et de jugements rendus par la juridiction administrative.
Authored by Bruno Cantier, Astrid Layrisse et Elisa Brunet.
La Loi n°2025-391 du 30 avril 2025 portant diverses dispositions d'adaptation au droit de l'Union européenne en matière économique, financière, environnementale, énergétique, de transport, de santé et de circulation des personnes (« Loi DDADUE ») a été publié au Journal Officiel le 2 mai 2025.
Cette loi crée en particulier le régime de nantissement sur les actifs numériques. Le régime du nantissement sur les actifs numériques est largement inspiré du régime du nantissement de comptes-titres financiers de l’article L.211-20 du Code monétaire et financier sous réserve de modifications pour s’adapter à l’enregistrement des actifs numériques et pour adapter le régime de réalisation de cette sûreté. Il est précisé par ailleurs que la déclaration de nantissement peut être signée au moyen d'un automate exécuteur de clauses.
Le remplacement du terme « actifs numériques » par « crypto-actifs » entrera en vigueur au 1er juillet 2025.
Un décret en conseil d’Etat est attendu pour compléter ce régime.
Par ailleurs, des habilitations ont été consenties au gouvernement pour notamment transposer par voie d’ordonnance la directive (UE) 2023/2225 du Parlement européen et du Conseil du 18 octobre 2023 relative aux contrats de crédit aux consommateurs et abrogeant la directive 2008/48/ CE.
Authored by Charlotte Bonsch.
La Loi n°2025-391 du 30 avril 2025 portant diverses dispositions d'adaptation au droit de l'Union européenne en matière économique, financière, environnementale, énergétique, de transport, de santé et de circulation des personnes (« Loi DDADUE ») a été publiée au Journal Officiel le 2 mai 2025.
Cette loi modifie en particulier les éléments suivants :
Par ailleurs, des habilitations ont été consenties au gouvernement pour notamment transposer par voie d’ordonnance (i)la directive (UE) 2023/2864 du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2023 modifiant certaines directives en ce qui concerne l'établissement et le fonctionnement du point d'accès unique européen et (ii) la directive (UE) 2024/1619 du Parlement européen et du Conseil du 31 mai 2024 modifiant la directive 2013/36/ UE en ce qui concerne les pouvoirs de surveillance, les sanctions, les succursales de pays tiers et les risques environnementaux, sociaux et de gouvernance.
Authored by Charlotte Bonsch.
Le 21 mai 2025, l’INPI a signé une déclaration d’intention avec l’Office de la propriété intellectuelle de Taïwan (TIPO)en vue de la mise en place d’un dispositif d’accélération de la délivrance des brevets, dit Patent Prosecution Highway (PPH). Cette signature marque une nouvelle étape dans la coopération internationale de l’INPI, portant à onze le nombre total de PPH conclus à ce jour.
Le dispositif entrera en vigueur le 1er juillet 2025. À compter de cette date, les déposants pourront solliciter l’examen accéléré d’une demande de brevet déposée à Taïwan, à condition que cette dernière revendique des éléments similaires à ceux d’une demande antérieure jugée brevetable par l’INPI. Cette possibilité s’appliquera également en sens inverse, pour les demandes de brevet déposées en France revendiquant la priorité d’un dépôt taïwanais.
Cette nouvelle avancée répond à un intérêt croissant des entreprises françaises pour le marché taïwanais : elles se classent actuellement au dixième rang des déposants étrangers auprès du TIPO.
Le 15 mai 2025, le Parlement européen et le Conseil sont parvenus à un accord sur un nouveau règlement visant à instaurer un mécanisme de licences obligatoires de brevets en cas de crise. Ce cadre juridique permettra à la Commission européenne d’autoriser, temporairement et sans le consentement du titulaire du brevet, la production de produits protégés (tels que les vaccins ou les puces électroniques) dans des situations d’urgence transfrontalière affectant plusieurs États membres.
Ce dispositif prévoit une rémunération équitable du titulaire du brevet ainsi que des obligations strictes encadrant la production et la distribution des produits concernés, assorties de sanctions en cas de manquement. Bien que saluée pour sa réactivité face aux urgences sanitaires ou industrielles, cette avancée demeure limitée aux secteurs de la santé et de la technologie, excluant notamment les domaines de la défense ou de l’agriculture. Cette restriction soulève des interrogations quant à la capacité du cadre européen à répondre de manière cohérente à des crises d’ampleur transversale, notamment en matière de sécurité alimentaire.
L'accord provisoire doit désormais être approuvé par le Parlement européen et le Conseil. Une fois adopté par les colégislateurs, il entrera en vigueur le jour de sa publication au Journal officiel.
Le 13 mai 2025, le Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel (CESEC) de la Polynésie française a rendu un avis favorable sur le projet de loi du pays visant à modifier la deuxième partie du code de la propriété intellectuelle, relative à la propriété industrielle. Cette réforme s’inscrit dans un effort d’alignement avec les évolutions récentes du droit européen et métropolitain, afin d'assurer une protection renforcée des marques, brevets, et dessins et modèles industriels sur le territoire polynésien.
Bien que la Polynésie française dispose de sa propre compétence en matière de propriété intellectuelle, elle reste soumise aux obligations des accords internationaux et aux règles applicables aux déposants étrangers. Le texte proposé vise ainsi à moderniser le cadre juridique local tout en prenant en compte les spécificités du territoire.
Le CESEC, tout en appuyant la démarche, a formulé plusieurs recommandations : étudier l’instauration d’une procédure d’extension systématique des titres de propriété industrielle déposés à l’étranger, simplifier l’enregistrement local, rapatrier les contentieux vers une juridiction implantée en Polynésie, et veiller à l’homologation rapide des sanctions prévues par la réforme. Il souligne également l’intérêt de réactiver une commission locale de règlement des différends entre inventeurs salariés et employeurs, ainsi que la nécessité d’imposer des normes de sécurité strictes pour les pièces détachées, dans un souci de protection des consommateurs et d’assurabilité.
Authored by Iris Accary and Léonie Barrat.
La loi n°2025-391 du 30 avril 2025 portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne en matière économique, financière, environnementale, énergétique, de transport, de la santé et de circulation des personnes (Loi DDADUE 5) a été publiée au Journal officiel le 2 mai 2025.
En matière de santé, la Loi DDADUE 5 adapte en droit français les dispositions du règlement (UE) 2024/1860 du Parlement européen et du Conseil du 13 juin 2024, applicables depuis le 10 janvier 2025, relatives à la lutte contre les ruptures d’approvisionnement des dispositifs médicaux et des dispositifs médicaux de diagnostic in vitro.
Ce règlement impose aux fabricants d’informer l’autorité compétente de leur État membre, au moins six mois à l’avance, de toute interruption ou cessation prévue de la fourniture d’un dispositif médical susceptible de causer un préjudice grave ou un risque de préjudice grave aux patients ou à la santé publique. Cette obligation s’étend aux opérateurs économiques qui doivent relayer l’information sans retard injustifié aux autres acteurs de la chaine d’approvisionnement et aux établissements de santé qu’ils fournissent.
En réponse à cette obligation d’information, la Loi DDADUE 5 permet à l’ANSM d’agir lorsqu’elle est informée d’une interruption ou d’une cessation de fourniture d’un dispositif médical et qu’elle estime qu’il est susceptible qu’un préjudice grave ou un risque de préjudice grave pour les patients ou la santé publique puisse être entrainé. Elle peut alors prendre toutes les mesures strictement nécessaires et proportionnées afin d’assurer la continuité de la prise en charge médicale. Cela inclut notamment :
La Loi DDADUE 5 prévoit l’application des mêmes règles aux dispositifs médicaux de diagnostic in vitro.
Tout manquement aux obligations d’information ou au respect des mesures prises par l’ANSM peut entraîner des sanctions financières.
Cette loi complète les dispositions de la loi n°2025-199 du 28 février 2025 sur le financement de la sécurité sociale pour 2025, qui permet, dans le cadre de la lutte contre les ruptures d’approvisionnement, à titre exceptionnel, de permettre la prise en charge temporaire par l’assurance maladie d’un dispositif médical alternatif dans la limite du tarif de prise en charge du dispositif médical indisponible.
En renforçant les outils de prévention et de gestion des pénuries, la Loi DDADUE 5 consolide le cadre national existant et permet une réaction rapide et coordonnée pour garantir la continuité des soins.
Authored by Mikael Salmela, Joséphine Pour, Karla Mary and Charlotte Sors.